Visiter les îles éoliennes :
Que voir à Lipari, Stromboli, Salina, Vulcano ?
Les îles Éoliennes sont un archipel volcanique situé à environ 30 kilomètres au large de la côte nord-est de la Sicile. Ces îles, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, sont au au nombre de sept : Lipari, Vulcano, Panarea, Stromboli, Salina, Filicudi et Alicudi. Chacune a ses particularités même si elles sont très proches géographiquement. Vulcano est plutôt austère avec ses fumerolles, Salina est très verdoyante, Lipari est la plus peuplée et urbanisée, et Stromboli est connue pour son volcan en activité permanence. Si vous aimez la nature et les randonnées, ces îles sont faites pour vous ! Nous avons passé au total 5 jours sur les îles éoliennes en juin 2025 lors d’un grand voyage en train en Italie. Voici le récit de notre séjour.
Se rendre et de déplacer dans les île éoliennes
Nous nous sommes rendus sur les îles éoliennes sans prendre l’avion au cours d’un long voyage en train en Italie depuis Bordeaux (voir notre article dédié). Une fois en Sicile, il y a différentes possibilités pour se rendre sur les îles.
Se rendre dans les îles éoliennes
Les îles Éoliennes sont assez éloignées des grandes villes siciliennes et ne disposent pas d’aéroport, l’accès se fait uniquement par bateau.
Depuis Milazzo : l’option la plus pratique. Bateaux pour Lipari et toutes les autres îles plusieurs fois par jour. Prix à partir de 15 € pour Milazzo–Lipari.
Depuis Messine : intéressant si vous arrivez de l’est de la Sicile ou si vous souhaitez rejoindre directement Stromboli. Attention toutefois, les liaisons sont rares. Comptez environ 31 € pour Messine–Lipari ou Messine–Stromboli (les autres îles sont également desservies).
Depuis Palerme : un ferry par jour dessert l’ensemble de l’archipel.
Depuis Naples (en haute saison) : liaisons directes également disponibles.
Comparer les prix et les horaires : ferryhopper, aferry, direct ferries
Réserver ses billets : nous avons systématiquement acheté nos billets à la dernière minute via l’application Liberty Lines, la compagnie qui assure la majorité des trajets. Lors de notre séjour (juin 2025), les bateaux étaient remplis seulement au tiers, donc aucun problème de disponibilité.
Tarifs : les prix sont fixes mais varient selon les horaires et les compagnies. Exemple : le trajet Lipari–Palerme est moins cher que Palerme–Lipari, bien qu’il s’agisse du même bateau.
Les déplacements entre les îles éoliennes se font facilement par bateau, Lipari ayant la position la plus centrale. Les îles sont assez petites pour se passer de voiture : elles sont d’ailleurs interdites à Stromboli, et les locations de véhicules restent très limitées sur les autres îles. L’idéal est de choisir un logement proche du débarcadère. Sinon, des taxis ou des bus assurent le transport jusqu’aux chambres d’hôtes et hôtels depuis les ports.
Stromboli, l’explosive
Nous avons commencé notre aventure dans les îles Éoliennes par Stromboli, célèbre pour son volcan en activité quasi permanente. Nous avons pris un ferry depuis Milazzo et passé une nuit sur l’île, afin de faire la randonnée pour observer une éruption.
Découverte de l’île et du village
Surnommée le « phare de la Méditerranée », Stromboli est une toute petite île dominée par son volcan de 924 mètres. L’île compte deux villages : Stromboli, principal village aux ruelles blanchies à la chaux et au charme authentique, et Ginostra, un hameau minuscule accessible uniquement par la mer et très peu touristique. Après avoir posé nos affaires à notre hébergement, nous nous sommes baladés dans le village et avons fait un plouf dans l’eau sur la plage du débarcadère en attendant le début de notre randonnée. Il y a quelques plages de sable sur l’île : la plage du débarcadère, et des criques à l’est que nous n’avons pas eu l’occasion de voir mais qui ont l’air très jolies.
La randonnée au volcan
Il y a deux manières de voir une éruption au Stromboli : en randonnant ou par la mer. Nous avons choisi l’option qui nous correspond le plus : la randonnée. Il n’est malheureusement plus possible de randonner jusqu’au sommet du volcan à 900 mètres depuis une éruption paroxystique particulièrement puissante en 2019, qui a entraîné une révision des règles de sécurité. On doit aujourd’hui se contenter d’un belvédère à 220 mètres d’altitude accessible en autonomie, et d’un belvédère à 400 mètres d’altitude accessible uniquement avec un guide. Ces deux belvédères offrent une vue dégagée sur la Sciara del Fuoco, pente de lave qui dévale dans la mer. Nous avons choisi l’option belvédère de 400 mètres avec guide via l’agence Magmatrek. La randonnée débute en fin d’après-midi par une montée progressive sur un sentier balisé. Le chemin traverse une belle végétation méditerranéenne faite de buissons, arbustes et herbes sauvages, offrant de superbes panoramas sur l’île et la mer. Le guide ponctue la montée de nombreuses pauses avec des explications sur la géologie de l’île et son histoire. Au belvédère à 400 mètres, malgré une activité volcanique modérée ce jour-là, nous avons pu entendre plusieurs explosions et observer quelques jets de lave jaillir du cratère, et nous avons vu de la lave incandescente sortir du cratère une fois la nuit tombée. La descente se fait ensuite en pleine nuit à la frontale. La randonnée est finalement assez longue, nous sommes partis à 17h30 et nous sommes revenus à minuit !
Informations pratiques
La distance : 8,5 km
Le dénivelé : 470 m
La difficulté : moyenne
Bilan et avis
Nous avons adoré ce séjour à Stromboli pour son atmosphère hors du temps, ses paysages magnifiques et son village pittoresque. La randonnée au cratère reste un moment fort, même si la le fait d’être en groupe de 20 personnes et de ne pas pouvoir rester plus longtemps au belvédère une fois la nuit tombée cassent un peu la magie de l’expérience. Espérons que les guides puissent de nouveau emmener les touristes à 900 mètres et que le belvédère de 400 mètres soit de nouveau accessible en autonomie !
On a qu’une seule bonne adresse à recommander à Stromboli : Ristorante Il Canneto, les granite et brioche con gelato sont incroyables !
Lipari, la plus peuplée
Après notre escapade sur Stromboli, nous avons posé nos valises à Lipari pour quatre nuits. Plus vaste et plus peuplée que ses voisines (37 km²), sa position centrale en fait la base idéale pour explorer les autres îles en bateau. L’idéal est de loger dans le centre de Lipari, c’est là que se concentre les restaurants, hébergements, tours operateur. Il n’est pas nécessaire d’avoir une voiture pour se déplacer en logeant au centre de Lipari : le débarcadère des bateaux est à 10 minutes à pieds et des bus permettent de sillonner l’île.
La ville de Lipari
La vieille ville est absolument charmante : ruelles piétonnes, maisons colorées, petites places animées, cafés, boutiques, un petit port adorable dominé par la citadelle, et pas trop touristique en juin… On a adoré loger ici quatre jours. À dix minutes à pied du centre, on a même trouvé une petite plage publique parfaite pour le snorkeling, devenue notre rituel du soir.
Le castello de Lipari
C’est dans le castello de Lipari qui domine le port que se concentre l’histoire de l’île. On y accède par la Via del Concordato, un escalier raide qui mène jusqu’à la cathédrale di San Bartolomeo, une église baroque du XVIIe siècle. A côté, on trouve le Palazzo Vescovile du XVIIIe siècle qui abrite la section préhistorique du musée archéologique éolien. On peut également voir un amphithéâtre et une nécropole d’où l’on peut admirer un beau point de vue sur le port de Lipari.
Randonner à Lipari
Nous avons fait une randonnée en boucle au départ de la ville de Lipari, qui nous a menés jusqu’à la pointe sud de l’île et à plusieurs points d’observation offrant de beaux panoramas. Le sentier débute par une vingtaine de minutes de marche sur une petite route tranquille en légère montée, jusqu’à atteindre une vue dégagée sur la côte. On suit ensuite un chemin bordé de maisons, avec de magnifiques vues sur la mer et sur l’île de Vulcano, avant d’arriver à l’observatoire géophysique de l’île. Depuis l’observatoire, il ne faut surtout pas manquer le sentier qui conduit jusqu’au Punto Panoramico Faraglioni e Spiaggia Praia Vinci. La suite de l’itinéraire continue avec la montée vers le Monte Guardia, certains passages sont mal entretenus, nos jambes ont un peu souffert ! L’effort est récompensé par des vues panoramique sur l’île. On est ensuite redescendu sur Lipari via une route extrêmement pentue, que des touristes croisés sur le chemin ont surnommé la montée de la mort Nous recommandons vivement cette randonnée, pas très compliquée et avec de magnifiques points de vue ! Nous n’avons croisé qu’un couple de Français marchant dans l’autre sens, et quelques touristes près de l’observatoire géophysique, le reste du temps nous étions seuls.
Informations pratiques
La distance : 9,5 km
Le dénivelé : 420 m
La difficulté : moyenne
Bilan et avis
Nous avons adoré notre séjour à Lipari. C’est un point de chute idéal pour découvrir les autres îles éoliennes : l’ambiance est très sympa, animée en soirée mais très tranquille la journée. La ville est les paysages sont magnifiques, et les prix en juin des hébergements sont abordables. Il y a d’autres activités que nous aurions aimé tester à Lipari, comme le tour en vélo de l’île ou encore la plongée sous-marine, on aurait aussi aimé aller jusqu’au belvédère Quatro quanti.
Nos bonnes adresses à Lipari :
– Enopaninoteca Gilberto e Vera : des paninis excellents et pas chers, idéals pour la pause déjeuner sur la terrasse ou à l’intérieur ;
– Arte e Sapori di Pino D’Ambra : sur une petite place un peu à l’écart, nous y sommes allés 3 fois : les cannolos sont excellents !
– Caffè La Vela : excellent restaurant sur le port, il faut réserver pour avoir une place.

Vulcano, la sulfureuse
Située au sud de Lipari, Vulcano est l’une des îles les plus actives géologiquement de l’archipel éolien. Son grand cratère, la Fossa, libère encore aujourd’hui des fumerolles de soufre visibles à plusieurs kilomètres. L’île est célèbre pour ses plages de sable noir, ses sources chaudes et ses bains de boue sulfureuse. C’est également le volcan qui a donné son nom au type d’“éruption vulcanienne”, caractérisé par des explosions particulièrement violentes et riches en cendres.
Excursion en bateau
Nous avions prévu au départ de gravir le sommet du volcan, mais nous nous sommes finalement laissés tenter par une excursion en bateau autour de l’île. Une journée en mer, 7 passagers, un skipper : le programme parfait, le tout pour seulement 40 € par personne !
Après un passage tout près des impressionnants Faraglioni de Lipari, nous avons fait un premier arrêt snorkeling à la plage isolée de Praia Vinci, accessible uniquement par bateau. Puis direction la côte ouest de Vulcano, où nous avons enchaîné deux arrêts snorkeling et une courte escale à la Grotta del Cavallo. Un peu plus au sud, notre bateau a jeté l’ancre devant la plage de sable noir de Punta dell’Asino. L’endroit est superbe, même si une partie est privatisée, comme souvent en Italie. Les fonds marins au niveau de la Punta dell’Asino étaient particulièrement riches en poissons.
En longeant la côte est, nous avons fini par accoster au port de Vulcano. On a fait une session snorkeling très originale sur la Spiaggia delle Acque Calde : il y avait des bulles d’air chaudes sortant de partout du sol, donnant l’impression d’être dans un immense jaccuzi naturel ! Cerise sur le gâteau, il y avait énormément de poissons à voir ! L’inconvénient c’est l’odeur d’oeuf pourri dû aux émanations de souffre dès qu’on sort de l’eau, il ne faut pas avoir un odorat sensible ! On est ensuite rentré en bateau à Lipari après ce dernier arrêt snorkeling.
Bilan
On a adoré cette journée en bateau, c’est une activité qu’on recommande à 100% pour les amoureux du snorkeling. L’eau était translucide et il y avait des spots très poissonneux. En plus les paysages étaient vraiment magnifiques. On aurait bien fait la randonnée qui monte au sommet du volcan mais il nous manquait un jour sur les îles éoliennes.
Salina, la verdoyante
Deuxième plus grande île des Éoliennes, Salina se distingue par sa verdure luxuriante et ses deux anciens volcans éteints : le Monte Fossa delle Felci (962 m, point culminant de tout l’archipel) et le Monte dei Porri (860 m). Protégée en grande partie par une réserve naturelle, elle est réputée pour ses câpres, ses vignes et son vin doux Malvasia. L’île possède deux principaux ports, Santa Marina Salina et Rinella, reliés par une route côtière qui serpente entre villages pittoresques et terrasses agricoles. Située à seulement 25 minutes de bateau de Lipari, Salina est facilement accessible pour une excursion à la journée, et des lignes de bus desservent l’ensemble de l’île ce qui permet de se déplacer sans voiture.
Santa Maria Salina
Nous sommes arrivés par le port de Santa Marina Salina, qui est aussi le principal village de l’île. Ce village tout petit dégage une atmosphère tranquille, avec une rue principale colorée où l’on trouve de petites boutiques branchées et des cafés cosy.
Randonnée à Salina
Nous n’avions qu’une journée à consacrer à Salina, nous avons choisi de faire une randonnée afin de gravir le sommet des île Éoliennes qui n’est pas le Stromboli : le Monte Fossa delle Felci. Il existe sept voies différentes pour atteindre le sommet, nous avons sans le savoir choisi la voie la plus abrupte. On a monté plus de 700 mètres de dénivelé positif sur moins de 2 km, on vous laisse imaginer la pente ! Il y a un nombre de marches interminable à gravir, et il n’y a aucune vue dégagée sur la mer pour se distraire. Le point positif c’est que l’ascension se fait quasiment tout le temps à l’ombre, ce qui est un vrai plus car il faisait déjà déjà très chaud le matin. L’arrivée au sommet est assez déroutante puisqu’on arrive dans une forêt très dense sans vue dégagée à première vue.
Il ne faut surtout pas passer à côté des deux points de vue au sommet (ce serait vraiment dommage après cette randonnée de la mort) : il y a un point de vue sur l’île de Lipari, et un autre sur le Monte dei Porri, l’autre volcan de l’île. En juin, la végétation était en fleurs, avec de magnifiques tapis jaunes de genêts. Nous avons choisi une autre voie pour redescendre, offrant cette fois une vue dégagée sur la côte et le village pendant une bonne partie de la randonnée.
Au final nous ne regrettons pas notre choix de sentier pour la montée et la descente. On a certes fait la montée la plus pentue mais on a été à l’ombre tout du long, et la descente offrait des points de vue vraiment sublimes.
Il y a pleins d’autres possibilités de randonnée, il est possible par exemple de faire un aller simple et de redescendre via le village de Leni puis de prendre un bateau depuis le port de Rinella, ou de redescendre via le village de Malfa puis de prendre un bus jusqu’à un des ports…
Informations pratiques
La distance : 12,5 km
Le dénivelé : 990 m
La difficulté : moyenne
Bilan
On a adoré cette journée à Salina. Nous n’avons exploré qu’une petite partie de l’île de Salina qui offre apparemment d’autres belles randonnées et découvertes. Par exemple, la zone de Pollara est célèbre pour avoir accueilli le tournage du film Il Postino, ce paysage est visible par bateau ou via une randonnée. L’île abrite aussi plusieurs fabriques de Malvasia – un vin typique de la région – où il est possible de faire des dégustations.
Le bilan
Nous avons adoré notre séjour dans les îles éoliennes. C’est une destination idéale pour les amoureux de nature, de randonnées et de snorkeling. En cinq jours, nous avons eu un bel aperçu mais c’est finalement un peu court. Nous aurions aimé découvrir les autres îles plus isolées comme Panarea, Filicudi et Alicudi, ou tester d’autres activités comme la plongée sous-marine, le tour complet de Lipari à vélo ou faire d’autres randonnées comme l’ascension du volcan de Vulcano.
Côté budget, nous avons trouvé que l’hébergement n’était pas plus cher qu’ailleurs en Sicile pour une réservation en juin (nous avons payé 70 € la nuit pour une superbe chambre d’hôte avec terrasse en plein centre de Lipari). Il faut payer le bateau pour se déplacer d’île en île, mais c’est compensé par le fait qu’il n’est pas nécessaire de louer une voiture. En revanche, les restaurants sont globalement plus chers que dans le reste de la Sicile et l’offre est assez limitée.
















































